Antithrombine et ECLS : analyse des pratiques sur une période de 18 mois
Communication orale
Etablissements rattachés à ce résumé :
1) 69 - Lyon Bron - C.H.U. Hôpital Louis Pradel - Pharmacie
2) 69 - Lyon Bron - C.H.U. Hôpital Louis Pradel - Département d'Anesthésie

Auteur principal :
Pace Jean-Baptiste


Co-auteurs :

Chamouard Valérie1 / Bréant Valentine1 / Chardonnal Laurent2 (laurent.chardonnal@chu-lyon.fr) / Fellahi Jean-Luc2 (jean-luc.fellahi@chu-lyon.fr) /

Objectifs :

Les déficits acquis en antithrombine (AT) sous assistance circulatoire extracorporelle (ECLS) peuvent être responsables d’une héparinorésistance. Ainsi, l’administration d’antithrombine humaine (ATH) est fréquente dans ce contexte d’héparinothérapie curative malgré un faible niveau de preuve et l’absence de consensus sur son utilisation.
L’objectif de ce travail était de décrire l’utilisation de l’ATH dans un centre hospitalier universitaire afin d’harmoniser les pratiques.

Matériel et méthodes

Étude rétrospective incluant consécutivement les patients sous ECLS, supplémentés en ATH entre janvier 2017 et juin 2018. Pour chaque administration d’ATH, des données cliniques et biologiques ont été recueillies.

Résultats

Trente-huit patients ont été inclus (13 adultes et 25 enfants), soient 71 injections d’ATH (16 pour les adultes et 55 en pédiatrie).
Chez l’adulte, la dose moyenne d’ATH était de 30 ± 22 UI/kg, la dose moyenne d’héparine sodique pré-injection d’ATH de 247 ± 96 UI/kg/j, le taux moyen d’AT pré-injection de 53 ± 15% et l’activité anti-Xa moyenne pré-injection de 0,15 ± 0,11 UI/ml.
En pédiatrie, la dose moyenne d’ATH était de 55 ± 26 UI/kg, la dose moyenne d’héparine sodique pré-injection d’ATH de 430 ± 226 UI/kg/j, le taux moyen d’AT pré-injection de 54 ± 14% et l’activité anti-Xa moyenne pré-injection de 0,30 ± 0,10 UI/ml.

Conclusions

On constate l’administration d’ATH malgré des posologies d’héparine infra-maximales, notamment chez l’adulte. On observe une variabilité importante concernant les doses d’ATH administrées, les doses d’héparine et le taux d’AT pré-injection d’ATH. Cela peut s’expliquer par les faibles effectifs, mais également par la diversité des pratiques. En effet, en l’absence de consensus, certains médecins préconisent l’administration systématique d’ATH en fonction du taux d’AT sans tenir compte de l’activité anti-Xa tandis que d’autres préconisent de limiter l’utilisation d’ATH aux seuls cas avérés d’héparinorésistance avec absence de consensus concernant la dose limite d’héparine à utiliser.
La réalisation d’une étude comparative permettrait d’identifier l’approche la plus efficace en épargnant au maximum l’ATH, médicament dérivé du plasma humain et fréquemment soumis à des tensions d’approvisionnement.

Mots-clés :
CEC, assistance respiratoire (ECMO) (CPB, respiratory support (ECMO)), Anticoagulants (),