Résultats immédiats et survie à long terme après chirurgie aortique en arrêt circulatoire hypothermique
Communication orale
Etablissements rattachés à ce résumé :
1) 35 - Rennes - C.H.U. - Hôpital Pontchaillou - Service de Chirurgie Thoracique Cardiaque et Vasculaire

Auteur principal :
Mauduit Marion


Co-auteurs :

Anselmi Amedeo1 / Tomasi Jacques1 / Belhaj Réda1 (belhajreda@hotmail.com) / Roisne Antoine1 (antoine.roisne@chu-rennes.fr) / Flecher Erwan1 (e.flecher@sfctcv.org) / Rouze Simon1 (rouze.simon@gmail.com) / Beneux Xavier1 (xavier.beneux@chu-rennes.fr) / Langanay Thierry1 (t.langanay@sfctcv.org) / Corbineau Hervé1 (h.corbineau@sfctcv.org) / Verhoye Jean-Philippe1 (j-p.verhoye@sfctcv.org) /

Objectifs :

Il n’existe pas, à ce jour, de consensus concernant la stratégie de protection cérébrale optimale au cours de la chirurgie aortique en arrêt circulatoire. L’objectif de notre étude était d’analyser les résultats des arrêts circulatoires hypothermiques dans notre centre sur les vingt dernières années.

Matériel et méthodes

Entre janvier 1995 et juin 2016, 424 patients ont bénéficié d’un remplacement de l’hémiarche ou de la crosse aortique en arrêt circulatoire en hypothermie profonde (T<20°C) (n=350) ou en hypothermie modérée (20°C≤T<28°C) avec perfusion cérébrale antérograde (n=74). Centre quatre-vingt-onze patients (45%) ont été opérés en urgence dont 146 (34,4%) d’une dissection aortique aiguë de type A.

Résultats

Les durées moyennes d’arrêt circulatoire en hypothermie profonde et modérée étaient respectivement de 30,3 min et 38,9 min. La mortalité opératoire était de 12,5% (53/424) et le taux d’AVC postopératoire de 7,1% (30/424). En chirurgie programmée, la mortalité opératoire et le taux d’AVC étaient de 5,1% et 4,3% contre 21,4% et 10,5% en chirurgie urgente. En analyse multivariée, les facteurs de risque indépendants de mortalité opératoire étaient la chirurgie redux (RR 2,42; IC 1,01-5,86 ; p=0,049), l’urgence (RR 4,05 ; IC 1,91-8,59 ; p<0,001), la durée de CEC (RR 1,05 ; IC 1,01-1,10 ; p=0,03) et la survenue d’un AVC (RR 3,77 ; IC 1,11-12,74 ; p=0,032) ou d’une insuffisance rénale postopératoire (RR 2,49 ; IC 1,13-5,51 ; p=0,023). Seule la canulation fémorale était un facteur de risque indépendant d’AVC en analyse multivariée (RR 3,97 ; IC 1,67-9,42 ; p=0,002). Il existait une augmentation significative du taux d’AVC postopératoire au-delà de 40 minutes d’arrêt circulatoire dans le groupe hypothermie profonde (5,4% vs 17,1 ; p<0,001). La survie globale à 1 et 5 ans était de 84,7 et 78%, respectivement. Il n’y avait pas de différence significative entre les groupes hypothermie modérée et profonde en termes de complications postopératoires et de survie à long terme (p=0,18).

Conclusions

Cette analyse rétrospective sur 20 ans confirme que l’hypothermie profonde seule est une stratégie de neuroprotection efficace jusqu’à 40 minutes d’arrêt circulatoire. L’hypothermie modérée avec perfusion cérébrale antérograde permet la réalisation d’arrêts circulatoires prolongés avec des résultats postopératoires favorables.

Mots-clés :
CEC, arrêt circulatoire (CPB, circulatory arrest), Aorte (Aorta), Anévrysme aortique (Aneurysm, aortic), Dissection aortique (Aortic dissection),