Espace personnel

Roger Giudicelli

Roger Giudicelli nous a quittés le 24 Juillet 2020.

Nommé Interne des Hôpitaux de Marseille en 1969, Roger Giudicelli se destinait initialement à la chirurgie générale.  Sa rencontre avec celui qui deviendra bien plus que son Maître ou son mentor, le Pr Eugène Reboud, va être déterminante dans son engagement en chirurgie thoracique. C’est au milieu des années 70 qu’avec Pierre Fuentes il le rejoint à l’hôpital Nord pour donner naissance à une équipe qui œuvrera ensuite dans les hôpitaux Sud pendant une trentaine d’années. 

Passionné de chirurgie œsophagienne, il participera activement au développement de l’oesophagoplastie colique et de la chirurgie du mésothéliome en France, et contribuera ainsi à la construction de l’identité de l’équipe Marseillaise. Il aura été de toutes les aventures qu’a connues la discipline avec l’émergence au milieu des années 80 de la transplantation pulmonaire dont il fût la cheville ouvrière aux côtés de son ami Michel Noirclerc, puis de la chirurgie vidéothoracoscopique au début des années 90 dont il fût l’un des pionniers au monde. Vint enfin le temps des honneurs, avec comme point culminant la présidence de la Société Française de Chirurgie Thoracique et Cardio-Vasculaire qu’il assuma de 2003 à 2006, période au cours de laquelle il s’est personnellement totalement investi dans la mise en œuvre du plan Cancer dans la spécialité. Cet engagement lui vaudra d’être élevé au grade de Chevalier de la Légion d’Honneur en 2006.

L’histoire de l’institution a voulu qu’il termine sa carrière hospitalo-universitaire à l’hôpital Nord où le service avait été transféré en 2010, et là où tout avait commencé 40 ans plus tôt. Il aura constitué avec son compagnon de route Pierre Fuentes un duo parfaitement complémentaire qui aura permis de renforcer la réputation nationale et internationale de l’équipe. A l’âge de 68 ans et en extraordinaire forme physique, le mot « retraite » n’ayant aucun sens pour lui, il avait fait le choix de poursuivre à l’hôpital Européen pendant 5 années encore sa carrière de chirurgien pour laquelle il avait une passion dévorante.  

Tous ceux qui ont côtoyé Roger Giudicelli garderont l’image d’un homme pudique et discret, voire réservé. Il savait cependant être formidablement convivial dans des circonstances choisies. Physiquement, c’était un incroyable athlète, ce qu’il entretenait méthodiquement par la pratique régulière d’activités sportives multiples. Il n’avait en effet pour lui d’autres craintes que celle du handicap ou de la maladie. Comme chirurgien, on se souviendra de sa maîtrise quasi instinctive de l’indication opératoire, de la fulgurance de son bon sens pour analyser les situations cliniques complexes, et de son aisance technique déconcertante dans les situations les plus difficiles. Comme médecin, on saluera les valeurs d’humanité et d’empathie qui imprégnaient ses relations avec les malades. Doué d’un joli trait de plume et amateur d’Alexandrins, il affectionnait particulièrement railler le comportement de mandarin qui lui a toujours été totalement étranger. Son intérêt pour l’enseignement et sa curiosité à l’égard des innovations technologiques auront été les axes de sa carrière Hospitalo-Universitaire.

Roger Giudicelli est probablement mort comme il l’aurait souhaité sans connaître les affres d’une « longue maladie ». La brutalité de son départ nous laisse tristes et désemparés, et nos pensées vont d’abord vers son épouse Sylviane et leurs enfants.

Roger Giudicelli reposera dans son pays la Corse, en Balagne. Il nous manque déjà.

Pascal Thomas, Christophe Doddoli, Xavier Benoît D’Journo, Delphine Trousse.

(Date de dernière mise à jour : le 25/07/2020)

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